SIX RECOURS CONTRE LE PERMIS DE CONSTRUIRE DES MATHURINS

Le recours gracieux est une étape amiable, consistant à demander au maire de reconsidérer sa décision et de tenir compte des critiques. Il peut être suivi, s’il est refusé, d’un recours dans les deux mois auprès du Tribunal administratif. La procédure devient alors plus contraignante pour tout le monde, malheureusement.

Au moins six recours gracieux ont été déposés pour contester le permis de construire, dont cinq émanant d’habitants de la rue d’Herbeville

Lorsque nous avions présenté nos félicitations au nouveau conseil municipal, nous avions suggéré un dialogue ouvert avec les habitants. Il nous a été répondu par l’argument habituel, tout à fait invalide, « je n’ai pas le droit de vous en parler » et nous avons constaté, un jour de septembre, que le permis de construire avait été accordé. Quant aux recours gracieux, qui comportaient une argumentation élaborée et parfois une demande de rendez-vous, il leur a été répondu, par retour et en dix lignes sans lien direct avec les arguments présentés, qu’ils étaient rejetés. 

Compte tenu du décalage avec les engagements : de 30 logements prévus à 47 aujourd’hui ; de constructions destinées aux besoins « de jeunes ménages, de personnes âgées, familles monoparentales, jeunes adultes décohabitant » avec 10 à 20% de logements sociaux, à une offre haut de gamme et sans logements sociaux, un dialogue était évidemment nécessaire.      

Pour que vous puissiez en juger, voici, en synthèse, les problèmes soulevés par les habitants : 

  • La circulation rue d’Herbeville et vers le centre du village va être fortement impactée

Cette circulation pose déjà question :

  • Parce qu’elle sert de raccourci pour aller vers Plaisir en traversant le village
  • Parce que, faute d’obstacles, la vitesse y est très excessive

Or, le projet prévoit cent nouveaux véhicules (deux par logement) et comporte une rue traversante reliant la 307, sa future zone d’activités (pharmacie, maison médicale, activités diverses, parking de 50 places…) et la rue d’Herbeville.

La réponse de la mairie est…inexistante sur ce point précis.

Les habitants, eux, demandent :

  • Que la rue d’Herbeville soit aménagée afin de réduire la circulation automobile et la vitesse (places de parking alternées à gauche et à droite comme rue de Moncel, traversée interdite aux camions sauf livraison locale ponctuelle, stop à hauteur de la rue St Benoit, éventuellement mise en sens unique partielle …)
  • Que la rue intérieure du lotissement ne soit pas traversante, mais en double impasse (une voirie desservant la 307, l’autre la rue d’Herbeville) afin de détourner l’essentiel du trafic vers la 307. Le plan ci-dessous montre que la très large voirie entre les parties nord et sud du lotissement peut être facilement remplacée par une circulation pour vélos et piétons exclusivement.
  • Comme pour les Tilleuls, l’aménagement qualitatif de l’entrée de Crespières est oublié

La gestion qualitative des entrées (RD 307 et rue d’Herbeville) commande l’image du village tout entier. C’est pourquoi le SCOT (un PLU à l’échelle intercommunale) impose la mise en place de zones tampons arborées permettant la gestion harmonieuse des lisières urbaines, des entrées de ville et de la silhouette urbaine.

Il s’agit de mener une politique volontariste pour éviter que des quartiers périphériques ne surgissent brutalement des champs. Or rien n’est prévu, et, comme pour le Tilleuls, on nous promet qu’un jour, plus tard, ce sera fait…

Nous savons bien que, comme pour les Tilleuls, il faudrait que la municipalité achète, à grands frais, des terrains que leur propriétaire voudra désormais négocier au prix du m2 constructible.

Faute d’avoir voulu (ou su) imposer aux promoteurs la charge de cet aménagement indispensable, la mairie laisse des dépenses importantes à financer sur fonds municipaux dans le futur, Tilleuls et Mathurins confondus. Dans cette attente, l’image de Crespières se dégradera.

Il est indispensable qu’un plan de mise en œuvre immédiate (les arbres mettent longtemps à pousser) soit établi, quitte à renoncer à quelques logements.

  • Les choix architecturaux, de style « grande banlieue » marqué, tranchent totalement avec Crespières

L’image ci-dessus, extraite du permis de construire montre bien la juxtaposition délibérée de toits traditionnels et de cubes, tout à fait inédite a Crespières, avec de nombreuses terrasses.

Nous sommes surpris que la mairie, d’ordinaire si pointilleuse avec les règles architecturales, ait laissé passer ce choix non conforme au règlement de zone qui n’autorise les toits plats que pour les bâtiments annexes, et a condition qu’ils ne soient pas accessibles.

Ces logements ne sont aujourd’hui qu’à l’état de plans. Ils peuvent être modifiés sans délai pour mieux s’insérer dans Crespières.

Nous voudrions, pour conclure, appeler à un changement : ces projets engagent Crespières pour des décennies et ne peuvent pas être abandonnés à une « commission urbanisme » qui ne parle plus et qui n’écoute plus.  

Il est urgent de revenir à plus de respect et à plus d’empathie envers les Crespiérois.

« La cri­tique n’est peut-être pas agréable, mais elle est né­ces­saire. Elle rem­plit la même fonc­tion que la dou­leur dans le corps hu­main ; elle at­tire l’at­ten­tion sur le dé­ve­lop­pe­ment d’un état de choses mal­sain. » – Wins­ton Chur­chill

L’adhésion 2021 est d’ores et déjà disponible. Pour nous aider à vous informer, à nous permettre d’organiser les évènements comme la Marche Eco, vous pouvez adhérer. c’est ici :

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2 réflexions sur “SIX RECOURS CONTRE LE PERMIS DE CONSTRUIRE DES MATHURINS

  1. Bonjour Crespières va sûrement se dégrader très rapidement si ces contestations ralentissent le projet d’installation de la maison médicale. Le pharmacien ne pourra attendre et partira nous laissant sans officine à tout jamais. Il faudrait peut-être y penser pour la population qui va vieillir et ne pourra se déplacer. Alors tout contester c’est facile mais pensez aux habitants et non aux intérêts propres à 8 personnes. Cordialement

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    1. Merci beaucoup pour votre commentaire qui prouve que nous avons réellement besoin d’ouvrir (enfin) le débat sur les projets de la mairie. Il aurait été certainement plus pertinent de trouver un emplacement pour les activités de santé dans le village, comme pour la supérette et autres commerces, l’école, la maison des associations, les services administratifs, etc. Il est indéniable que notre pharmacien mérite de voir les conditions d’exploitation de son officine améliorées. Combien d’habitants estiment que se déplacer à la périphérie du village pour se rendre à la pharmacie ou chez le médecin est une bonne chose ? Par ailleurs, le délai de plus de 2 ans qui s’est écoulé depuis la décision du conseil municipal en 2018 est entièrement de la responsabilité de la mairie (voir aussi un article publié en mars 2018 dans le Parisien : https://www.leparisien.fr/yvelines-78/yvelines-des-aides-pour-favoriser-l-installation-des-medecins-dans-228-communes-19-03-2018-7617576.php). Le vrai problème c’est le refus systématique de la mairie de consulter les habitants sur des questions effectivement vitales pour Crespières. On n’impose pas des projets mais on fait en sorte que les gens y adhèrent.

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