Grâce à l’ADSC, le dialogue s’instaure entre les riverains des Tilleuls et les agriculteurs

9 Français sur 10 qualifient les agriculteurs d’«utiles» et « courageux » dans un récent sondage (Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro réalisé les 19 et 20 février 2020). Malgré la bonne opinion des Français vis-à-vis de leurs agriculteurs, il ne vous a pas échappé que depuis de nombreuses années, le monde rural est le théâtre d’une crispation autour de nombreux sujets. Parmi ces sujets, il y a celui de l’utilisation des phytosanitaires aux abords des habitations des riverains.

A l’occasion du confinement instauré en mars dernier, certains Crespiérois riverains de champs cultivés ont pu découvrir la réalité des travaux agricoles au quotidien. Si s’installer à la campagne est pour beaucoup des familles une démarche positive promesse de qualité de vie et de proximité avec la nature, une question importante subsiste quand cette installation se fait dans des logements qui « touchent » des champs cultivés et traités : quelle est l’incidence des produits phytopharmaceutiques sur la santé, notamment celle des enfants qui se font une joie de jouer dans votre jardin ?

Cette préoccupation, certains riverains de la résidence des Tilleuls l’ont naturellement exprimée auprès de l’ADSC. L’association a proposé d’apporter son aide en organisant une rencontre en plein air entre les riverains et les agriculteurs concernés. En effet, la concertation est dans l’ADN de l’ADSC, quel que soit le sujet. Nous croyons fermement que c’est par le dialogue que des solutions consensuelles peuvent être trouvées face à une problématique. Nous avons donc organisé une rencontre entre Messieurs ROVEYAZ et VALET, agriculteurs cultivant les champs qui jouxtent la résidence des Tilleuls, et des riverains des Tilleuls. Tous se sont prêtés au jeu du dialogue bienveillant en vue de mieux comprendre les craintes des uns et les pratiques agricoles des autres.

Un premier échange positif pour les participants

Les riverains présents ont pu exprimer avec leurs mots l’ensemble de leurs craintes et interrogations légitimes sur la façon dont étaient traités les champs et les agriculteurs ont pu exposer clairement leurs pratiques culturales (dont le détail figure ci-dessous). Et l’échange continuera puisque les agriculteurs ont accepté de continuer à échanger avec la personne qui sera désignée comme contact privilégié par les riverains des Tilleuls.

Comment sont cultivés les champs aux abords de la résidence des Tilleuls ?

Cet automne, MM Roveyaz et Valet ont ensemencé leurs champs avec du blé tendre. Ils ont ensuite expliqué comment cette céréale va se développer, quelles sont les maladies susceptibles de l’attaquer et comment les prévenir/traiter et donné un calendrier des périodes d’interventions sur le blé. Ce calendrier permet aux riverains de connaître les moments auxquels des traitements sont susceptibles de survenir dans les prochains mois.

1/ Les agriculteurs exposent le rôle des traitements phytosanitaires :

  • limiter/détruire la prolifération des adventices (= espèces végétales détruisant la culture ou entrant en compétition avec les cultures au niveau des nutriments)
  • prévenir les maladies et/ou guérir les cultures. Pour le blé, les principales maladies sont : la septoriose, la rouille brune, la rouille jaune, l’oïdium, le piétin-verse et la fusariose. Si la culture est touchée par ces pathologies, la qualité de la récolte et/ou son rendement sont significativement impactés négativement. C’est donc aussi le revenu de l’exploitation agricole qui est en jeu.

2/ Les agriculteurs présentent les règles régissant la prise de décision sur l’application d’un traitement phytosanitaire : La question permanente de l’agriculteur est : “Ma parcelle présente-t-elle des signes d’une pathologie ou d’une attaque de nuisible (pucerons, etc.) et/ou constate-t-on la présence d’adventices ? ”

Ils disposent de 2 moyens pour aider à la prise de décision :

  • examen régulier de l’état sanitaire des cultures ;
  • analyse des prévisions météorologiques locales : les conditions climatiques pouvant altérer les différents stades d’évolution des cultures.

3/ Les agriculteurs précisent que, lorsque l’application d’un traitement est nécessaire, ils veillent à  :

  • n’utiliser que la quantité suffisante de produit phytosanitaire pour obtenir l’effet désiré :

Les traitements phytosanitaires sont des produits coûteux et réglementés. Il n’est pas dans l’intérêt économique d’un agriculteur d’utiliser plus de produit qu’il n’en faut, il n’y a aucune corrélation entre quantité de produit et niveau de rendement à l’hectare. Les autorités ont mis en place un système de contrôles dès l’achat des traitements phytosanitaires et des contrôles sont réalisés au sein des exploitations pour vérifier l’emploi de produits autorisés aux doses fixées dans les Autorisations de Mise sur le Marché (AMM). L’agriculteur doit donc fournir lors de ces contrôles l’ensemble des éléments justifiant l’utilisation d’un produit et de sa dose.

  • appliquer le traitement dans les conditions climatiques favorisant son assimilation par les cultures :

Compte tenu des contraintes réglementaires et économiques que représentent les traitements phytosanitaires sur les comptes de l’exploitation agricole, il est important pour l’agriculteur de s’assurer que le produit sera bien assimilé par les cultures lorsqu’elles le nécessitent. Pour cela, le choix du moment du traitement est primordial et lié aux conditions climatiques : la vitesse du vent et l’hygrométrie sont les 2 paramètres les plus importants. L’agriculteur est donc tributaire de ces 2 facteurs pour décider du moment d’application de son traitement. Enfin, concernant le matériel de pulvérisation, il faut savoir que les buses de pulvérisation permettent de fractionner le liquide en gouttelettes et les propulsent vers la plante ciblée. MM Roveyaz et Valet utilisent des rampes de pulvérisation équipées de buses anti-dérive qui permettent de créer des gouttelettes plus grosses, moins sensibles à la dérive. Pour prendre un exemple, une gouttelette très fine de 20 microns mettra environ 4 minutes pour parcourir une hauteur de 3 mètres par vent nul. Par comparaison, une gouttelette de 100 microns mettra 10 secondes pour parcourir cette distance. Cela est très important de réduire la dérive pour optimiser la qualité de la pulvérisation et réduire les impacts sur l’environnement, la santé et les cultures voisines. L’utilisation des buses anti-dérive est efficace mais n’empêche pas les transferts en cas de vent modéré, c’est pourquoi la vitesse du vent est primordiale dans le choix du moment de traiter la parcelle même avec des buses anti-dérive. Par ailleurs, sur les rampes, les buses sont activables de manière indépendantes ce qui permet de ne pas les utiliser dans la bande de non traitement aux abords des propriétés des riverains (bande instaurée par la Charte d’engagements départementale des utilisateurs agricoles de produits phytopharmaceutiques dans le département des Yvelines disponible ici : https://www.yvelines.gouv.fr/content/download/22435/133836/file/V%20DEFcharte%20d%c3%a9partement%2078%20post%20retour_prefet.pdf

Mais au fait…

Bien évidemment, si nous ne pouvons que nous réjouir tous de cette démarche visant à instaurer le dialogue bienveillant entre les agriculteurs et les riverains des Tilleuls, il ne faut pas oublier les raisons qui ont conduit les riverains à se questionner sur le risque de l’utilisation des phytosanitaires aux abords de leurs maisons.
Certains d’iront qu’il s’agit là d’une méconnaissance de la part des « néo-ruraux » de la vie à la campagne, d’autres que les agriculteurs doivent absolument abandonner l’utilisation des produits phytosanitaires. Il y a très probablement une part de vrai dans ces remarques mais n’oublions pas que le processus de transition vers une agriculture plus durable se fera sur un temps bien plus long. Par conséquent, n’y avait-il pas une possibilité d’éviter aux futurs crespiérois et aux agriculteurs de se retrouver dans cette situation ? La création d’une lisière arborée en périphérie de la parcelle vendue au promoteur immobilier pour construire les résidences des Tilleuls aurait permis de constituer un écran végétal qui aurait probablement rassuré les riverains mais cela impliquait de rogner (un peu) sur la rentabilité financière de l’opération…


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